Le Cadre Eolien, qu’est-ce que c’est ?

Le Cadre Eolien, on en parle beaucoup, mais qu’est-ce que c’est au juste ? En 10 points, voici un petit tour d’horizon de la question.

Publié le dimanche 27 octobre 2013

1. Le cadre éolien est un outil scientifique émis par des universitaires non politiques et établi en toute transparence. Il a fait l’objet d’une large consultation des autorités locales et des citoyens qui peuvent s’exprimer en participant à l’enquête publique jusqu’au 30 octobre.

2. Le cadre éolien fixe des critères clairs et préétablis que devront rencontrer les promoteurs lors des appels à projets pour une zone bien précise, appelée « lot ». Cette procédure privilégie l’intérêt général et le cadre de vie des Wallons ; elle met fin à la politique du “premier venu, premier servi” et elle obligera les décideurs politiques à se prononcer sur les projets de manière objective et non politicienne.

3. S’il y a une demande, les projets s’ouvriront à la participation financière des communes, intercommunales et coopératives citoyennes, en priorités locales. Voilà une belle occasion de participer à un projet déterminant pour notre avenir énergétique… et d’en redistribuer une partie des bénéfices vers la population locale ! Le cadre éolien ajoute ainsi un critère « citoyen » dans la sélection des meilleurs projets. Le Gouvernement donnera la priorité aux projets déposés qui intègrent cette dimension.

4. La première consultation des communes a déjà eu pour effet une réduction des territoires concernés. Les zones d’implantation potentielle des éoliennes ne concernent plus que 2 % du territoire wallon (la perte liée à l’emprise réelle au sol n’est plus que de 0,0035 % de la superficie agricole utile, soit la moitié d’une seule exploitation agricole moyenne wallonne). L’objectif de production éolienne est ramené à 3800 GWh en 2020 au lieu des 4500 GWh prévus. Un peu moins de production éolienne pour une meilleure acceptation par la population (le reste de la production sera compensé par d’autres sources d’énergie).

5. Le nouveau cadre éolien accorde une plus grande importance à l’impact sur la santé et le bien-être des riverains. La distance minimale par rapport aux habitations passe de 450 à 600m, la norme de bruit est globalement plus sévère que les normes OMS, les effets stroboscopiques sont réduits (conformément à l’avis du Conseil supérieur de la santé), l’incidence visuelle est prise en compte pour éviter l’encerclement, l’impact sur la biodiversité est strictement limité. Au final, les règles sont plus contraignantes, pour des projets objectivement de meilleure qualité.

6. Le développement de l’éolien tel qu’il est encadré participera très positivement au développement socio-économique de la Wallonie - à l’instar du Danemark et de l’Allemagne, fabricants et utilisateurs d’éoliennes. L’éolien est aussi un secteur économique porteur d’emplois locaux. Le développement éolien entraînera entre 11.000 et 16.000 emplois directs et indirects non délocalisables à l’horizon 2030 (étude Deloitte). Le bureau fédéral du plan annonce quant à lui que : « Le potentiel de création d’emplois d’un système énergétique basé à 100 % sur les énergies renouvelables à l’horizon 2050 se situe entre 21.000 et 65.000 emplois à temps plein d’ici 2030 ».

7. L’énergie éolienne produite localement et pratiquement sans gaz à effet de serre apporte sa contribution à la lutte contre le changement climatique.

8. Pour un pays, une région qui ne possèdent pas ou plus de pétrole, de gaz, de charbon, développer la filière des énergies renouvelables est tout simplement vital ! Avec le photovoltaïque et la biomasse, l’éolien contribue à diminuer progressivement notre dépendance en approvisionnement d’énergie et à sortir enfin du nucléaire.

9. En 2012, le coût du soutien brut pour l’éolien pour un ménage moyen a été de 22 euros tandis que le bénéfice par ménage représente 5 € (réduction émissions de CO2 et diminution d’importations). Ce rapport coût/bénéfice va progressivement s’inverser. D’ici 2030, le bénéfice de l’éolien aura dépassé le coût de soutien de 30 % soit un gain d’1 milliard d’euros pour la collectivité alors que la gestion de déchets radioactifs nous endette, écologiquement et financièrement, pour plus d’un siècle.

10. Chaque lot fera l’objet d’un appel à projets. Seuls les meilleurs projets choisis par le pouvoir politique pourront s’implanter.

En savoir plus ? www.ecolo.be www.edora.be